« Je suis un chat, donc je griffe » : René Descartes n’a rien dit de tel, mais c’est vrai ! Les griffades, c’est-à dire le fait de « faire ses griffes » sur un support vertical, est un geste naturel chez le chat. On ne le répètera donc jamais assez : si un chat fait ses griffes, c’est normal. Et il ne sait pas que le canapé ou le meuble ancien ne supportent pas ce type de maltraitance.

Les griffes sont l’équivalent de nos ongles. Elles poussent de manière continue et s’effritent ou tombent régulièrement. Elles s’usent donc au fur et à mesure qu’elles poussent. La pulpe de cet « ongle », au centre, de couleur rose, est irriguée grâce à des vaisseaux sanguins et fabrique la griffe elle-même. La griffe est formée de couches de kératine et ne comporte quant-à elle ni veine ni nerf, exactement comme nos ongles.

Le chat possède 5 doigts à chaque patte avant, et 4 à chaque patte arrière. Il a donc 18 griffes. Les griffes « avant » sont rétractiles, c’est-à-dire qu’elles possèdent un tendon fléchisseur qui leur permet de se redresser et « rentrer » dans le doigt. De cette façon, les griffes avant ne touchent pas le sol et ne peuvent pas s’user naturellement, comme chez le chien. Il peut donc être utile de les couper pour les épointer et les raccourcir avant qu’elles ne gênent le chat. Cela fait partie des soins incontournables, à faire au moins une fois par mois, au moins pour y jeter un œil.

griffes_chat

A quoi servent les griffes de mon chat ?

Les griffes servent à :

  • se défendre,
  • à grimper aux arbres
  • et à marquer son territoire :  lorsqu’il se fait les griffes, le chat dépose des phéromones afin de laisser sa trace dans son environnement.

C’est ce comportement qui peut malheureusement laisser de « belles traces » sur vos meubles ou vos tapisseries.

Si le chat fait ses griffes, c’est, en effet, pour plusieurs raisons :

  • pour s’étirer
  • pour les aiguiser et les user
  • pour marquer son territoire.

Lorsqu’il est épanoui, un chat ne griffe pas beaucoup. En général, ce signal visuel n’est destiné qu’à indiquer le « lieu d’isolement » : cet endroit, c’est celui où le chat se repose et où il souhaite en général rester seul. Les marques de griffade, bien visibles, indiquent alors aux intrus : « ici, c’est mon coin, passez votre chemin ». Dans ce cas, le chat choisit un support vertical, et affectionne particulièrement les textures de type « carton », « bois », « paillasson » ou « corde ».

Mais s’il souffre de stress ou d’anxiété, ou qu’il perd ses repères territoriaux, le chat peut griffer plus souvent ou plus intensément que d’habitude. Lors de surpopulation (trop de chats présents dans un espace restreint), les griffades peuvent aussi augmenter de façon très gênante pour les propriétaires.

 

Que faire si mon chat griffe les meubles ?

Tout d’abord, on peut le détourner des zones où les griffades sont les plus gênantes : en utilisant des phéromones, on réoriente les griffades vers un « lieu » plus adéquat : installer un arbre à chat pourvu de zones verticales en corde, clouer des cartons ou un paillasson sur un support installé le long d’un mur est un début de solution assez simple. Utiliser un spray d’eau pour arroser le chat à distance lorsqu’il griffe certains meubles peut aussi le décourager.

On peut aussi et surtout intervenir en permettant au chat de retrouver sa sérénité : des solutions anti-stress naturelles existent et peuvent permettre d’apaiser le chat : la valériane, notamment, associée aux phéromones, peut jouer un rôle anxiolytique. Bien sûr, l’utilisation d’un spray ou d’un diffuseur doit s’accompagner de mesures correctrices comme une réorganisation de l’espace et la suppression des stimuli stressants. Si les comportements gênants persistent, une thérapie comportementale peut être mise en place par votre vétérinaire. Dans tous les cas, ses conseils sont utiles, et les punitions violentes, proscrites.